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Quo tenditis cara Ecclesia?

Quo tenditis cara Ecclesia?

Un empire qui s’ effondre finit toujours par se donner à lui-même le coup de grâce : l’ Histoire universelle en témoigne et, pour en donner un exemple, la chute de l’ empire romain au Vème siècle en est un modèle criant.

Ne résistant plus à ses ennemis extérieurs par l’ exercice de la fausse vertu du dialogue à tous vents et du « cheminement commun », minée de l’ intérieur par ce que Paul VI lui-même nommait une « auto démolition », toujours prête à tous les compromis les plus douteux avec le monde, l’ Eglise catholique post conciliaire ne vit plus actuellement que sur le champ de ruines de son passé et s’ enfonce d’ année en année dans la direction de son anéantissement.

Salie par de nombreux scandales, minée par de malsaines affaires financières, désacralisée par son rare clergé progressiste et désobéissant qui a lâchement abandonné l’ habit ecclésiastique ainsi que la doctrine traditionnelle, ridiculisée par une pseudo-liturgie bavarde dont les chants à la mélodie disgracieuse et aux paroles infantiles déshonorent la dignité des cérémonies et piétinent plus d’ un millénaire de tradition grégorienne, l’ Eglise catholique « moderne » n’ est plus qu’ un conglomérat de bâtiments presque vides et de comptes bancaires parfois trop pleins. Les fonctionnaires de cette structure décadente s’ appellent « prêtres » : ils n’ ont plus la foi et vivent comme des petits bourgeois encostumés. Certes, quelques exceptions existent mais ce sont des… exceptions.

Ce pseudo clergé post moderne, qui vit de la naïveté d’ un petit reste de fidèles en général âgés et bobos de gauche, termine hypocritement le travail de sape visant à faire de l’ Eglise une espèce d’ ONG chantant les vertus du monde.

Ces prêtres encravatés ou portant col roulé et jeans et ces dames dites « religieuses » aux jupes écourtées et à la coiffure permanentée continuent le lent travail de déconstruction amorcé par les effets désastreux du Concile Vatican II qui s’ est clôt en 1965. A bien des égards, l’ Eglise catholique romaine est devenue l’ assemblée universelle des « yéyés » post soixante huitards. Honte à cette Eglise qui fut un ferment de civilisation jusqu’ au milieu du XXè siècle et qui est devenue aujourd’hui un ferment de décivilisation participant sournoisement à la déconstruction et à la destruction de l’ Occident et de sa culture multimillénaire.

Certes, il existe encore quelques rares îlots de résistance qui luttent admirablement contre vents et marées et qui combattent le modernisme et l’ esprit du monde qui corrompt l’ Eglise. Mais ces îlots sont généralement tôt ou tard emportés par le flux colossal de décadence qui infecte toute la structure. Et, de surcroît, ces groupe dits « traditionnalistes » ne reçoivent presque aucun soutient de la hiérarchie épiscopale ou de Rome ; le pontife actuel ayant même tendance à dissoudre ou à sanctionner ceux qui représentent les restes de la Tradition. Oui, le poisson pourrit toujours par la tête : cet adage populaire trouve malheureusement ici sa confirmation. 

Tous les efforts que Benoit XVI (2005-2013) avait déployés afin de restaurer timidement la messe traditionnelle dite de Saint Pie V ou populairement appelée « la messe en latin avec chant grégorien » ont été anéantis en un seul geste, en un seul texte, par son successeur en son Motu Proprio « Traditionis Custodes » qui n’ a plus de latin que le titre. Et quel titre ! Titre tout en ironie puisqu’ il signifie en français « Gardiens de la Tradition » !!! Mais de qui se moque t’ on ? Un texte ayant pour objet le démantèlement et l’ interdiction de la Messe de Toujours s’intitule « Gardiens de la Tradition ». Pas de commentaire…

Benoit XVI aura été le moins progressiste des papes d’ après Vatican II et on lui a fait bien payer. Cet homme raffiné et délicat, ce brillant intellectuel, fut mis à bout par les violentes intrigues dont il fût l’ objet et la cible. Sa regrettable démission advenue en 2013 n’ en est que l’ effet. Ses tristes obsèques correspondirent à l’ enterrement du dernier sursaut traditionnel dans l’ Eglise. Avec la mort de Benoit XVI, c’ est le peu de tradition qui subsistait encore qui est emporté au caveau.

La nouvelle Eglise voulue par le Pape François est celle du mouvement perpétuel et du « cheminement » comme il se plait tant à le répéter. Cheminement qui ne mène nulle part sinon au vide : toutes les statistiques le démontrent et ce ne sont pas des discours lénifiants qui réussiront à masquer les faits. Alors que tout s’ effondre, la hiérarchie ecclésiastique moderne appliquent toujours les mêmes méthodes qui ont tant prouvé leur nullité.

Quo vadis ? Où vas-tu Eglise ? Tu te jettes dans les bras d’ un monde qui a pourtant crucifié ton fondateur appelé le Christ. Tu te compromets avec un monde qui, essentiellement, ne t’ aime pas. Tu peux te moderniser jusqu’ à la moëlle et te mettre en accord total avec ce monde qui te déteste, tu peux même te mettre à genoux ou à plat ventre devant ce monde avec qui tu pactises depuis plus de soixante ans, c’est-à-dire depuis Vatican II ; tu finiras par constater que ce même monde te marcheras dessus et t’ achèvera, ô Eglise !

Relisons avec grande attention les paroles du Christ lui-même rapportées par Saint Jean en son évangile au chapitre 2, verset 15 :

« N’ aimez point le monde ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu’ un aime le monde, l’ amour du Père n’ est point en lui. »

Dont acte.

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